Peut-on planter du paulownia en agroforesterie?
Le paulownia s'associe bien aux grandes cultures et au pâturage : il débourre tard, enracine en profondeur, et près de 2 millions d'hectares de terres agricoles sont cultivés en lignes de paulownia et de blé dans la plaine de Chine du Nord. En France, pour que la parcelle reste agricole au sens de la PAC, on reste sous 100 arbres/ha, par exemple des lignes espacées de 24 à 36 m avec un arbre tous les 4 à 5 m (67 à 83 arbres/ha). L'agroforesterie consiste à associer volontairement des arbres et une production agricole sur la même parcelle : des cultures entre des lignes d'arbres, ou des animaux qui pâturent sous les arbres. Ce n'est ni un boisement ni un verger : la parcelle reste avant tout agricole, et les arbres y ajoutent un second produit (bois, fourrage, miel) et un effet d'abri. L'intérêt est mesuré depuis plus de 25 ans par l'INRAE sur le domaine de Restinclières, près de Montpellier. Les chercheurs y utilisent le LER (Land Equivalent Ratio) : une parcelle agroforestière produit autant de bois et de grain que 1,3 à 1,4 ha où arbres et cultures seraient séparés. Autrement dit, 100 ha en agroforesterie peuvent produire autant que 130 à 140 ha conduits séparément. On distingue quatre grandes formes. Le paulownia n'est pas adapté de la même façon à chacune. Trois caractéristiques expliquent pourquoi la Chine a choisi le paulownia pour ses champs de blé, et pourquoi il fonctionne aussi en France. Il feuille tard. Le paulownia débourre en fin de printemps, après la floraison. Une céréale d'hiver fait donc l'essentiel de sa croissance au printemps en pleine lumière, avant que la ligne d'arbres fasse de l'ombre. Les études chinoises montrent que la concurrence pour la lumière apparaît surtout près des arbres, avec des arbres âgés, en plantation dense, et une fois le feuillage complet. Ses racines descendent sous celles de la culture. Le blé exploite surtout les premières dizaines de centimètres du sol, le paulownia va chercher l'eau plus bas. Les chercheurs chinois expliquent l'efficacité du système par ces cycles et ces profils racinaires différents. Pour renforcer cet effet, on passe une dent de sous-soleuse à 1 m environ de la ligne pendant les premières années : les racines superficielles sont coupées et l'arbre s'enracine plus profondément. Il produit du bois vite. Là où un noyer ou un merisier agroforestier se récolte après 40 à 60 ans, le paulownia donne une grume exploitable en 8 à 10 ans. L'agriculteur voit le retour de son investissement dans la même génération. La règle qui compte en France est celle de la PAC : une terre arable ou une culture permanente reste entièrement admissible tant qu'elle porte 100 arbres forestiers par hectare au maximum. Au-delà, la parcelle est considérée comme boisée et perd ses aides. En pratique, on vise 50 à 85 arbres/ha pour garder une marge. L'écart entre les lignes se choisit d'après vos outils : l'allée cultivée doit être un multiple de la largeur du pulvérisateur ou du semoir, plus une bande enherbée de 2 m environ sous les arbres. Orientez les lignes nord-sud quand c'est possible : l'ombre tourne avec le soleil et se répartit sur toute l'allée. Sur une pente, plantez en courbe de niveau pour freiner le ruissellement. Pour comparer plusieurs schémas, utilisez notre calculateur de plantation. Un peu, et surtout en fin de rotation. Les 20 premières années d'une parcelle agroforestière, la perte se limite à la surface occupée par les lignes d'arbres, soit 2 à 8 % selon l'écartement. Avec le paulownia, la rotation est plus courte que cette période : on récolte avant que l'ombre devienne forte. Les données chinoises vont dans le même sens. Une étude publiée dans Agroforestry Systems (Yin et He, 1997) montre que le rendement des cultures peut chuter fortement si les arbres sont trop serrés ou gardés trop longtemps. Mais le revenu cumulé des cultures et du bois reste supérieur de 50 à 100 % à celui d'un champ sans arbres. La clé est donc la densité et l'âge de récolte, pas le principe. Concrètement, la parcelle continue à produire du grain ou du fourrage chaque année, et le bois s'ajoute en fin de cycle. Exemple pour 1 ha à 67 arbres : avec 0,4 m³ de grume par arbre à la récolte, la parcelle livre environ 27 m³, soit près de 4 000 € au prix de rachat de 150 €/m³. C'est un calcul sur hypothèses, pas une garantie : le volume réel dépend du sol, de l'eau, de la variété et de l'élagage. Les conditions sont détaillées sur la page Nous rachetons votre bois. Pour une parcelle agricole, choisissez un hybride sélectionné pour le bois, à tronc droit et à croissance régulière : Shan Tong ou Pao Tong Z07 dans la plupart des régions françaises, Elongata dans le Sud. Évitez Paulownia tomentosa en plein champ et près des cours d'eau : il produit beaucoup de graines et il est considéré comme envahissant dans plusieurs régions. Nous expliquons pourquoi dans notre article sur le caractère invasif du paulownia. Soyons clairs : le paulownia n'a pas de code culture PAC. Il ne donne donc pas droit à une aide en tant que culture. En revanche, si vous restez sous 100 arbres/ha et que l'activité agricole continue entre les lignes, la parcelle garde son statut agricole. Vous la déclarez comme parcelle d'agroforesterie (alignements d'arbres), en dessinant les arbres en surface non agricole. Les aides à la plantation (programme « Plantons des haies », aides régionales) visent en général une densité de 30 à 100 arbres/ha et s'appuient sur des listes d'essences locales. Le paulownia y figure rarement. Avant de compter sur une subvention, vérifiez auprès de votre DDT(M) ou de votre chambre d'agriculture. Pour la déclaration, lisez aussi notre article Paulownia et PAC. Les essences classiques en France sont le noyer, le merisier, le cormier, le chêne et le peuplier. Le paulownia s'y ajoute quand on veut un revenu bois rapide, en 8 à 10 ans au lieu de 30 à 60 ans. En général de 24 à 40 m entre les lignes, selon la largeur des machines, et de 4 à 6 m entre arbres sur la ligne. Oui sur la durée : la parcelle produit plus au total, et le bois ajoute un revenu en fin de cycle. Avec le paulownia, ce revenu arrive en moins de 10 ans, à condition d'avoir un acheteur pour le bois. Oui, une fois les arbres hors d'atteinte. Pendant les 3 à 4 premières années, chaque arbre doit être protégé, car le bétail mange volontiers les feuilles. Oui, si elle porte au maximum 100 arbres/ha et qu'une activité agricole se poursuit entre les lignes. Le paulownia lui-même ne reçoit pas d'aide en tant que culture. Votre projet : nous dessinons le schéma de plantation avec vous (écartement, variété, protections) et nous rachetons le bois. Préparer mon projet de plantation · Partenariat avec les agriculteursQu'est-ce que l'agroforesterie ?

Vue aérienne d’une jeune plantation de paulownias : des arbres régulièrement espacés et des interlignes enherbés permettant le passage du matériel d’entretien.Quels sont les types d'agroforesterie ?
Système Principe Intérêt du paulownia Point d'attention Agroforesterie intraparcellaire (sylvo-arable) Céréales, oléagineux ou fourrage entre des lignes d'arbres Très bon : feuillaison tardive, racines profondes, bois en 8 à 10 ans Élaguer pour obtenir un tronc droit sans branches basses Sylvopastoralisme Prairie pâturée sous des arbres Bon : ombre l'été, feuilles appétentes pour le bétail Protéger chaque arbre des animaux pendant 3 à 4 ans Haie brise-vent Lignes d'arbres en bordure de champ Moyen : monte vite, abri dès la 2e ou 3e année Caduc, peu efficace l'hiver ; à mélanger avec des essences locales Bande riveraine Arbres le long d'un cours d'eau Faible Déconseillé : privilégier les essences locales de ripisylve, et jamais P. tomentosa près de l'eau Pourquoi le paulownia convient-il à l'agroforesterie ?

Plantation de paulownias hybrides Shan Tong en Espagne, avec des arbres disposés en lignes pour faciliter l’entretien de la parcelle.Combien d'arbres par hectare en agroforesterie ?
Écart entre lignes Écart sur la ligne Arbres/ha Surface sous les arbres (bande de 2 m) Pour quel usage 20 m 5 m 100 10 % Limite PAC, aucune marge : à éviter 24 m 5 m 83 8 % Pâturage, prairie de fauche 30 m 5 m 67 7 % Grandes cultures, pulvérisateur de 28 m 36 m 4 m 69 6 % Céréales, pulvérisateur de 24 ou 36 m 40 m 5 m 50 5 % Cultures exigeantes en lumière (maïs, tournesol) Le paulownia fait-il baisser le rendement des cultures ?

Paulownias cultivés en plein champ : formation des troncs et entretien des interlignes, deux étapes essentielles dans le suivi d’une plantation.Quelle variété de paulownia choisir pour l'agroforesterie ?
Quelles aides pour planter du paulownia en agroforesterie ?
Quels sont les inconvénients du paulownia en agroforesterie ?

Protection du tronc d’un paulownia à l’aide d’une gaine grillagée pour limiter les dégâts causés par les animaux.En résumé
Questions fréquentes
Quels arbres planter en agroforesterie ?
Quelle distance entre les rangs en agroforesterie ?
L'agroforesterie est-elle rentable ?
Peut-on faire pâturer des animaux sous des paulownias ?
Une parcelle plantée de paulownias reste-t-elle éligible à la PAC ?
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Sources











